3 avril 2012

Two heads are better than one - Chronique du nouvel album de TRAUMATISME



Si je devais résumer en une phrase courte Two heads are better than one, je dirais que notre rockeur traumatisant a croisé Elvis avec Frank'n Furter de The Rocky Horror Picture Show et a mélangé le tout avec son habituel rock psychobarré entraînant, des références par dizaine, et une ambiance et un thème dignes de la première saison de The American Horror Story.

Finalement ce n'est plus une phrase courte.

Avant de découvrir la musique, il y a la jaquette : elle est sobre, claire et travaillée, à la fois dérangeante et vieillotte, comme drôle et enfantine. Les titres des morceaux, eux aussi, sont très travaillés, et il n'y a pas une compo qui ne porte pas le nom d'un « master/monsterpiece of rock ». Puis, on allume la chaîne et on découvre la musique...

Ce qu'il faut savoir, ou plutôt, ce que l'on découvre, quand on écoute pour la première fois THABTO, c'est qu'il ne faut s'attendre à rien de la part de Traumatisme. Dès la première compo, on est transporté dans un contexte à la fois très différent, mais aussi très similaire, de ce que l'on connaissait déjà.
Le fait est que notre auteur-compositeur-musicien-mixeur-producteur a décidé d'expérimenter de nouvelles techniques musicales et a tenté un voyage dans le temps, à une époque précédent encore cette apogée du rock'n roll ou pour être un vrai dur, il fallait avoir une voix a faire péter les miroirs. Non, je vous parle d'encore avant...

Une fois le premier choc passé, on découvre vraiment THABTO, sa profondeur ainsi que sa légèreté, et la première chose qu'on se dit c'est « Putain, il sait toujours aussi bien composer ! », C'est terrible cette capacité à écrire le refrain du siècle, cette mélodie qui reste des heures dans la tête sans partir. Un peu comme les tubes de l'été, sauf que là, c'est de la bonne musique. Donc on retrouve pleinement Traumatisme, ces rythmes enjoués, fanfaronnesques et rock'n rollesques. Mais il y a un petit plus, un petit décalage étrange, qui nous fait nous sentir au milieu d'une comédie musicale, un cirque de monstre, dans la quatrième dimension ou un mix entre les trois.

A la fin, on découvre les textes, et cette fois encore, on retrouve la plume du rockeur fou. Des jeux de mots par dizaines, aussi bien dans les titres, que dans les textes. Je ne les citerai pas, je ne les ai même pas tous trouvés et identifiés, mais je propose à quiconque de relever le défi !
Pour ce qui est du thème abordé, il s'agit ici d'un concept album avec un fil directeur assez équivoque (très bien mis en avant dans le titre de l'album), mais reprenant des sujets phares de l'univers Traumatisme. Ainsi, Terror Vision fait penser à Don't dream your life ( issu de Horrorwood Rocks ! 2 ndlr) et Redrum asylum à The Madman Strikes again (pareil).
Il y a du grand classique, indétronable et indémodable : le refrain rock'n roll, qui reste et ne part jamais avec Prettiest Boy in the morgue, The Jester Master, He Wolf (notamment) et il y a aussi de l'originalité, avec des constructions nouvelles (Glen or Glenda ? , Ghost Highway, It's a wonderful afterlife), mais toujours, les textes sont impeccablement écrits et maîtrisés. Toutes les émotions sont présentes, la joie, la peur, la souffrance, l'inquiétude, la parodie et le satyrisme (même si ce ne sont pas des émotions).

Comme dans tout album également, il y a les « plus », je viens de vous en donner un certain nombre, et il y a les « moins ». THABTO est le premier album de Traumatisme, entièrement auto-produit de A à Z, et certes, on sent ce petit manque de moyens techniques, qui se traduit pas des mix pas toujours parfaits et un effet sur la voix qui parfois obstrue la bonne compréhension des textes (fondamentaux à comprendre, j'insiste là dessus). Cela dit, ce problème est en partie résolu par l'utilisation d'un bon kit son ou d'écouteurs de bonne qualité. J'étais au départ nostalgique de l'ancienne façon de chanter (vous comprendrez quand vous aurez écouté), mais je trouve que cette technique s'accorde très bien à l'album. J'espère toutefois, retrouver à l'avenir cette voix plus brute et plus rauque, peut-être avec un mélange des genres, mais ce n'est pas moi le maître.

Pour conclure, Traumatisme, ce n'est pas que la musique, c'est un concept, c'est un thème, des textes, de la musique, une présentation, et ce tout créé un monde à part, une quatrième dimension où se côtoient Lon Chaney Jr, Stephen King, Ed Wood, Tate Langdon  et les dieux du rock'n roll.
L'alliance de ces thèmes musicaux et de leur poésie associée qui lient les morceaux successifs comme les chapitres d'un livre font de ce troisième album, sans doute pas le plus accessible, mais le plus travaillé, abouti et génial des albums de Traumatisme. Et je ne demande qu'une chose, rejoindre le héros de ce concept album dans sa « dead man's party », parce qu'après tout, on peut le dire, It's a wonderful wonderful afterlife...

http://www.traumatisme1.com/

The End ?

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